lundi 30 novembre 2009

Benediction

J'aurais du m'en douter dès les premières lueurs du jour.
Car c'est avec elles que j'émergeais du sommeil du brave sous une douche glacée pour me propulsé dans les rues (plus bolognaises qu'une sauce tomate) sans même de la caféine dans la tête.
Mon entrée en matière est aussi confuse que ma matinée , mais laissez moi récapituler:
me suis reveillé très tôt sans café sous une douche glacée pour me retrouver a courir derrière un bus pour ne pas rater un train.
Et là comment dire.
Ce fut le drame.
Dans ma course effrénée vers une utilisation pratique du fonctionnalisme urbain, ma passion du but atteint m'aveugla et m'empêcha de visualiser ces deux bites en béton que je traversai. La logique italienne veut qu'on enchaine deux bites. De ce fait, mes jambes se prirent dans la chaine, mes jambes, ces deux belles jambes musclés élancés à toute vitesse, oui ces jambes là stoppèrent leur élan sous l'impulsion d'un amat d'aciers vulgaire.
Et là comment dire, j'ai pas eu le temps de dire ouf, que j'me suis retrouvé à l'horizontal, les jambes en l'air, en un eclair de secondes, j'ai bien cru voir mes dents se répandre sur le bitume crasseux de cette avenue dont j'oublierais le nom a tout jamais, mais mes ultra réflexes ont préféré écrabouiller ma paume gauche qui sauva ma mâchoire du massacre.
J'ai mal à ma main, quelqu'un a du rire mais ma dentition est sauve, c'est tout ce qui m'importe.
Germaine a eue le tact de ne pas trop se foutre de ma gueule, d'autant plus que je m'étais trompé de bus, et qu'on a du attendre dix minutes.
On a eu notre train mais pas de petit déjeuner et même au milieu des inondations vénitiennes en pataugeant dans l'eau avec de grosses bottes j'ai trouver le moyen de raler.
Aprés un repas frugale pris dans l'une des meilleure auberge de cette cité des doges (j'vois vraiment pas ce que ces chiens là on a faire dans cette histoire), je me surpris a sourire à la pluie et a oublié mes bottes de marins pour mes clarks glissantes.
Ce qui fut vraiment un choix désastreux.
Mais faut me comprendre, j'avais mangé comme une loutre, les bottes me niquaient les pieds et pis l'eau était redescendu, y'avais plus de danger pour que je me mouille.
On a flané dans les ruelles, ivre de digestion, naviguant dans des jardins, sur des passerelles, enfin bref vous voyez le cliché. Et pis y'a un moment on s'est retrouvé au bout d'une petite ruelle ( vous me passerez le pléonasme) avec trois petites marches qui descendaient dans le canal, Germaine avec ses grosses bottes a descendue les marches pour admirer la vue et j' l'ai suivi.
Et là ce fut le re-drame.
Les deux premières marches pas de problème, mais alors la troisième, j'men souviens trés bien, elle était plus longue que les deux autres, un peu plus plate, un peu plus lisse, un peu plus boueuse aussi, et pis là mes semelle crêpe, n'ont fait ni une ni deux pour opérer une glissade magistrale, mes fesses n'ont même pas eu le temps de toucher ce bout de béton, mon esprit a juste eu le temps de se dire "mais non c'est impossible j'peux pas tomber dans le canal, ça serait historique"
Et là comment dire.
J'ai fais le plongeon, quoi.
Je me suis immergé dans l'eau verte de la Lagune, en ce joyeux mois de décembre.
Moi, qui encore quelques heures auparavant tentais d'établir le nombres de bourrés qui devaient tomber dans le canal.
Moi, avec le sac sur le dos rempli de toutes nos affaires.
Mes poches pleines remplies de truc que tu veux pas voir couler.
Et là je dois à nouveau saluer mes ultra reflexes qui me firent regagner le quai en un eclair de secondes.
Là j'étais debout avec l'évidence que j'étais ridiculement trempé, jusqu'au nombril.
Les affaires était sauves mais mon honneur pas du tout.
Aprés l'éclat de fou rire, il fallait trouver une solution avant que je tombe en syncope.
Germaine a été valeureusement me chouraver un pantalon immense qui trainait sur une corde à linge ( sécher le linge en plein hiver, ils sont bêtes ces italiens ça leur apprendra), m'a prêté sa chemise et son pull qu'elle avait en trop et je me suis installé pieds nus dans mes bottes en caoutchouc, j'avais fier allure avec mes frusque, je faisais très vénitien revenant de la pêche aux crevettes, les vieilles m'abordaient pour que je leur explique le chemin.
J'ai quand même tenu plus de cinq heures dans cette tenue en me disant que c'était une sorte de baptême, d'absolution...ce bain.
Et que même avec ces péripéties, une paume en miette et des fringues moisies c'était même pas une journée pourrie.
C'est ça, la magie de l'italie.
Bon je retourne boire du vin qui pique les yeux.

3 commentaires :

Gonzo a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Gonzo a dit…

Il est tard et à la lecture de ton texte, Matthieu, je ne peux m’empêcher de laisser resurgir mon côté cartésien…
En effet, quel merveilleux cas d’école que ton expérience !
Que rêver de mieux pour illustrer la loi qui défient TOUTES les lois de la probabilité, et toutes les autres lies de la physique et de la logique élémentaire j’ai nommé la loi de Murphy !
Selon mon expérience, je pense que cette accumulation d’imprévus évoque à merveille les points 5 et 7 de la loi énoncée par Murphy à savoir:
5. La nature des choses est d'évoluer de mal en pis.
7. La nature fait cause commune avec le vice caché.

Encore je pense qu’il est bon d’évoquer ici le Second corollaire de Forsyth's sur les lois de Murphy :
Dès que vous commencez à apercevoir le bout du tunnel, la voûte s'effondre.

Enfin je ne pourrais clôturer ce cartésien commentaire sans évoque Jenkinson et Horner :
-Loi de Jenkinson
Cela ne marchera pas
-Postulat d'Horner
L'expérience dépend directement du nombre d'équipements sacrifiés. (celui-ci s'appliquant bien évidemment à la seconde mésaventure)

Kristo a dit…

Putain j'aurais bien aimé voir ça!
Meme pas une chute dans la Moselle ou la Tensch quoi!